Publicitaires français à Amsterdam : Louise Rahman (Wieden+Kennedy) 🎙

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Une aventure enrichissante, mais pas magique.

Qu’ils soient créatifs, commerciaux ou stratèges, de plus en plus de publicitaires français ont fait le choix de partir vivre à Amsterdam. Dans cette série d’interviews, ils ont accepté de partager leur expérience et de raconter l’impact que cette décision a eu sur leur vie professionnelle et personnelle.

 

Louise Rahman, Directrice de Clientèle chez Wieden+Kennedy.

Avec Louise on s’était croisé il y a des années chez CLM BBDO et je l’ai recontactée à l’occasion de cette série d’articles 100% Amsterdam. Elle a rejoint Wieden+Kennedy Amsterdam il y 3 ans et demi et depuis elle n’est jamais revenue en France, ce qui a attiré ma curiosité…

 

LE DÉPART POUR AMSTERDAM
• Pourquoi avoir quitté Paris ?

“J’étais hyper heureuse à Paris, c’était ma ville de cœur et je savais que c’était là où je ferais ma vie. Mais je savais aussi que pour ma carrière mais surtout pour ma vie, pour avoir de nouvelles perspectives il fallait aller explorer ailleurs. Toute une partie de ma famille est expat et habite dans plein d’endroits différents, et ils m’ont toujours encouragée à considérer que le monde était plus grand que la France et que Paris. Quand j’ai eu cette opportunité chez Wieden+Kennedy, je savais que c’était un truc à surtout ne pas refuser et qu’il fallait sauter le pas. Je ne regrette pas, c’est effectivement un truc à faire dans la vie, qui vous transforme, même si c’est plus ou moins près de votre pays.”

 

• Qu’est-ce qui t’a attiré dans cette ville particulièrement ?

“En fait je suis plus partie pour l’opportunité boulot que pour la ville. J’admirais vraiment le travail du bureau d’Amsterdam depuis toujours donc c’est naturellement que je me suis orientée vers Amsterdam. Et puis mon père y avait vécu 12 ans quand j’étais plus jeune, donc ça n’était pas totalement l’inconnu.”

 

• Un conseil pour ceux qui aimeraient partir à l’étranger ?

“Amsterdam est une ville hyper simple à vivre, avec un système administratif efficace, limite agréable. Après, je suis venue avec des conditions royales qui ont fait que l’arrivée a été vraiment douce. Juste un conseil, il y a le “30% tax ruling”, un système d’avantage fiscal pour les expatriés à Amsterdam qui se font “inviter” et du coup déménager par des boîtes.

Donc je conseille d’attendre de trouver un boulot avant de venir emménager ici.

Car si vous venez sans boulot, même dans le but d’en trouver un plus tard, alors ce 30% tax ruling ne pourra pas s’appliquer et c’est une vraie différence sur le salaire.”

 

LA VIE SUR PLACE
• Une fois sur place, quelle a été ta plus grande surprise ?

“La qualité de la nourriture. Et ce n’est pas pour faire ma française de base, j’ai vraiment senti un décalage sur l’exigence de manger des trucs bons. Il n’y a qu’une seule chaîne de supermarché, avec un choix assez restreint je trouve. Les Dutchs ont une approche plus “fonctionnelle” de la nourriture et se concentrent sur d’autres joies de la vie, comme la nature, passer du temps en famille etc… Mais l’art de vivre en général leur importe peu. Cependant, en 3 ans j’ai vu une amélioration, surtout dans les restos et je me suis mise à beaucoup plus cuisiner. Au départ, je ne savais pas comment me nourrir !”

 

• Quel a été l’accueil des collègues et/ou des habitants ?

“Amsterdam est une ville d’expat’, donc l’anglais est vraiment la 2ème langue et ils ne sont pas du tout offusqués de notre “invasion”. Bon après, j’essaie de balancer quelques petits mots Dutchs de temps à autre à la caissière et ça leur fait toujours plaisir évidemment, mais pas du tout senti d’hostilité en général. C’est d’ailleurs pour ça que j’étais contente d’aller à Amsterdam parce que depuis mon enfance, je savais que c’était une ville tolérante, douce, qui a autorisé le mariage gay très tôt, les droits des femmes y sont aussi très affirmés, c’est aussi une ville aussi très “safe”, je ne me suis JAMAIS sentie en danger, alors qu’à Paris c’était quotidien.”

 

• LE truc que tu n’avais pas à Paris et que tu adores à Amsterdam ?

“J’ai un peu répondu dans la question précédente mais j’aime beaucoup le rythme plus doux. Tout est à 10 minutes à vélo. Bon après le temps peut vraiment être violent, on ne réalise pas mais c’est le Nord de l’Europe et il faut compter au moins 5 degrés de différence avec Paris. On court pas après tout tout le temps, le coût de la vie est moins cher, on fait pas la queue des heures pour un resto (il faut juste bien réserver)… 

C’est Paris en août toute l’année.”

 

• LE truc qui te manque le plus de Paris ?

“La bouffe, la culture, mes copines, mes copains, pouvoir lire les panneaux, les pharmacies, Monoprix, pouvoir sauter dans un train et aller aux 4 coins de la France en quelques heures, les concerts, les expos… Plein de trucs !”

 

TRAVAILLER DANS LA PUBLICITÉ À AMSTERDAM
• Les différences majeures avec ton expérience publicitaire à Paris ?

“Professionnellement, c’est une toute autre façon de travailler, on est 38 ou 39 nationalités, mais c’est la culture américaine qui prime je dirais. 

Il y a “parler Anglais” et “travailler en anglais”.

louise-rahman-wieden-kennedy-amsterdamAvec tous les différents accents, les références culturelles, les process qui n’en sont pas… Ca a été une expérience hyper formatrice et ça a demandé beaucoup d’efforts, de remise en question et d’ouverture d’esprit. Je suis trés contente d’avoir passé cette étape.

2 grosses différences selon moi : 1. Une façon beaucoup plus collaborative de bosser, avec peu de hiérarchie et pas d’ego. Ça se ressent même dans la relation client. 2. Tout le monde bosse, il n’y a pas d’emploi fictif, ni des gens connus comme difficiles avec qui “il faut faire avec”, enfin pas autant qu’en France. Ça déroule ou alors ça le fait pas. On a 2 contrats d’un an en arrivant, avant d’avoir un contrat permanent, donc ca filtre pas mal.”

 

• Est-ce que ça charrette plus, moins ou autant qu’à Paris ?

“Je trouve qu’on bosse beaucoup plus, il y a beaucoup de meetings tous les jours, c’est trés intense et beaucoup de pression car on vise l’excellence continuellement. Mais après en termes d’horaires ça peut varier : il n’y a pas tellement de pause déj’ mais du coup on sort plus tôt. Et puis oui parfois on va charretter, ce n’est pas Disneyland non plus !”

 

• Est-ce qu’on gagne mieux sa vie dans la publicité à Amsterdam vs Paris ?

“Oui, grâce à ce 30% tax ruling et une valorisation régulière en interne, via des bonus et/ou des augmentations annuelles. Après je ne sais pas si c’est juste Wieden+Kennedy ou les autres agences, mais de manière générale, oui je dirais qu’on a un niveau de vie plus haut qu’à Paris, même si Amsterdam devient de plus en plus cher.”

 

ET MAINTENANT…
• Après +3 ans à Amsterdam, tu te vois y rester encore longtemps ?

“Je me suis toujours dit que je partais de Paris pour y revenir. Mais je ne sais pas encore dans combien de temps…”

 

Autres interviews de publicitaires français à Amsterdam : 

Stéphane Espasa-Tudo, Editorial Manager France chez Netflix.

Cécile Pimont et Pieyre-Alexandre Treuil, créatifs freelances chez Wieden+Kennedy, Vice… 

• Fanny Molins, Directrice de Création chez Vice. COMING SOON 

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