Publicitaires français à Amsterdam : Cécile Pimont et Pieyre-Alexandre Treuil (Vice, Wieden+Kennedy…) 🎙

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Des créatifs spécialistes de l’étranger.

Qu’ils soient créatifs, commerciaux ou stratèges, de plus en plus de publicitaires français ont fait le choix de partir vivre à Amsterdam. Dans cette série d’interviews, ils ont accepté de partager leur expérience et de raconter l’impact que cette décision a eu sur leur vie professionnelle et personnelle.

 

Cécile Pimont et Pieyre-Alexandre Treuil, team créatif ACD en freelance.

Je suis les aventures de Cécile et Pieyre-Alexandre depuis de nombreuses années, ils font certainement partie des teams créatifs français qui ont le plus d’expériences internationales. Je les avais notamment interviewés à New-York en 2016lorsqu’ils étaient chez TBWA\. Après leur années américaines, ils sont passés par de très belles maisons hollandaises, c’est donc tout naturellement que je les ai recontactés pour cette série d’interviews “100% Amsterdam”.

 

LE DÉPART POUR AMSTERDAM
• Pourquoi avoir quitté Paris ?

“Alors on est parti de Paris parce qu’on avait envie d’autre chose. On avait un peu un ras le bol de la pub dans un bocal à Paris. Pour remettre les choses dans leur contexte, on est rentrés il y a 1 an en France, après avoir passé 5 ans aux États-Unis. Le retour a été très compliqué, on nous avait prévenus, mais le choc des cultures a été assez violent. À notre retour, on a décidé de suivre ce que des amis à nous avaient fait, et de s’installer à Marseille. Ca nous permet de vivre un peu hors du monde de la pub, et de partir bosser à l’étranger pour certaines missions, ou bien de travailler à distance pour d’autres…

Quand on est rentrés sur Paris des États-Unis, on a trouvé tout très petit, très gris et très déprimant. Tous nos potes sont là-bas et ça a été dur de partir à Marseille où l’on manquait de repères, mais on ne se voyait plus vivre à Paris. Et depuis qu’on est rentrés en France, on bosse beaucoup avec l’étranger, principalement Amsterdam, mais aussi Londres et les US.”

 

• Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette ville particulièrement ?

“Ce qu’on aime avec Amsterdam c’est qu’il y a une culture internationale, un grand mix de nationalités. C’est beaucoup plus enrichissant et intéressant de bosser avec des gens du monde entier, même si ça crée parfois des incompréhensions ou des chocs de culture. La ville est super sympa et la vie y est reposante. La vérité c’est qu’on préfère bosser avec des agences étrangères plutôt que francaises parce que la façon de travailler avec les freelances est vraiment différente.

En France, on nous appelle (pas tout le temps mais souvent) pour éteindre les feux et boucher les trous.

Ou pour filer un coup de main sur un pitch “super serré en temps”. On est souvent des petites mains. À Amsterdam on nous appelle vraiment pour faire des gros projets, en adéquation avec notre travail et notre sensibilité. On nous appelle pour des missions longues, où l’on pourra avoir un impact du début à la fin du projet. Bien sûr je fais des généralités, il y a aussi des agences françaises qui nous appellent pour des projets très sympas aussi.”

 

• Un conseil pour ceux qui aimeraient partir à l’étranger ?

“Alors déjà : lancez-vous. Vous ne regretterez jamais d’être parti, même si c’est difficile de quitter ses repères c’est la meilleure expérience que vous pouvez avoir. Pour les négociations, c’est bien de vous renseigner en amont sur les salaires qui sont très différents de Paris. Il faut aussi regarder les impôts qui sont assez élevés, mais il me semble qu’il y a un abattement intéressant pour les expats les 3 premières années.

Pour le reste honnêtement, vous vous débrouillez sur place et votre agence vous aidera. Ne vous laissez pas submerger par les craintes ou les peurs, on trouve toujours des solutions et il y a toujours des gens qui sont passés par là, prêts à vous aider.”

 

LA VIE SUR PLACE
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• Une fois sur place, quelle a été votre plus grande surprise ?

“Les cyclistes sont super féroces et agressifs.”

 

• Quel a été l’accueil des collègues et/ou des habitants ?

“Après les États-Unis, on se sentait super européens, puis en arrivant à Amsterdam et en y travaillant, on s’est rendu compte que tous les européens ne sont pas les mêmes. Et notamment que les Hollandais sont assez uniques en leur genre. C’est vraiment une culture différente, assez froide et austère. Il faut dépasser cela et apprendre à connaître les gens qui sont plutôt gentils quand on pousse un peu le masque. Mais au début, c’est vrai que ça nous a un peu étonné.”

 

• LE truc que vous n’aviez pas à Paris et que vous adorez à Amsterdam ?

“Amsterdam c’est plus sain, tu fais du vélo tout le temps. Et les gens sont détendus : ils quittent le boulot plus tôt.”

 

• LE truc qui vous manque le plus de Paris ?

“Nos potes et nos familles.”

 

TRAVAILLER DANS LA PUBLICITÉ À AMSTERDAM
• Les différences majeures avec ton expérience publicitaire à Paris ?

“Les briefs sont plus globaux et internationaux. Les clients sont de toutes les nationalités et on parle à un marché plus large en général, tandis qu’en France on parle aux Français et c’est tout. Le processus varie d’une agence à l’autre et selon sa taille, mais c’est un peu comme à l’américaine, beaucoup de meetings dans la journée.

Il y a une meilleure organisation, tout est un peu plus carré, un peu moins à l’arrache.”

 

• Est-ce que ça charrette plus, moins ou autant qu’à Paris ?

“Je dirais encore une fois que ça dépend si tu bosses dans une grosse boîte américaine ou une boite hollandaise. Ca dépend beaucoup des agences, mais nous on a trouvé que les horaires étaient plus souples et les gens sont tous plus ou moins partis à 18h, sauf quand il y a une urgence. Mais il y a une meilleure parité et plus d’égalité hommes – femmes, j’ai vu énormément de pères de famille aller chercher leur enfant à 15h à la sortie des écoles, alors qu’en France ça reste plutôt une exception.”

 

• Est-ce qu’on gagne mieux sa vie dans la publicité à Amsterdam vs Paris ?

“C’est évident. Même si le coût de la vie est un peu plus élevé en termes de loyers, tu as une meilleure qualité de vie. La plupart de nos potes installés là-bas sont déjà propriétaires, ce qui n’est pas le cas de nos potes de Paris.”

 

ET MAINTENANT…
• Un message pour les publicitaires français qui rêvent d’Amsterdam ?

“Allez-y, vous ne risquez pas grande chose. Au pire, vous reprenez le Thalys et vous rentrez à Paris, je vous promet qu’à votre retour sur Paris rien n’aura changé. Vos potes se plaindront toujours des mêmes choses et boiront toujours les mêmes bières. Vous par contre, vous aurez changé, appris, évolué. N’attendez pas que ce soit le bon moment, vous attendrez toute votre vie et après il sera trop tard.”

 

• Pourquoi êtes-vous repartis ? Et pourquoi Marseille ? 

“On a décidé de partir à Marseille pour la qualité de vie. On a un appart gigantesque, il fait beau 320 jours par an et on a plus de temps libre parce qu’on a moins besoin de travailler. On bosse beaucoup à distance et ça nous plait beaucoup. Beaucoup de gens ont des préjugés sur le fait de partir de Paris, ils ont peur de s’enterrer et de “quitter le centre de la pub”, mais on vous promet que ça vaut le coup.”

 

Cécile et Pieyre-Alexandre forment un team créatif ACD. Après 5 ans aux USA (New York, Los Angeles et Portland), ils décident de revenir en France pour s’installer à Marseille. Depuis, ils travaillent en freelance avec de nombreuses agences comme Wieden+Kennedy Portland, Vice Amsterdam ou encore R/GA Londres. Retrouvez-les sur LinkedIn : Cécile Pimont et Pieyre-Alexandre Treuil.

 

Autres interviews de publicitaires français à Amsterdam : 

Stéphane Espasa-Tudo, Editorial Manager France chez Netflix.

Louise Rahman, Directrice de Clientèle chez Wieden+Kennedy.

• Fanny Molins, Directrice de Création chez Vice. COMING SOON

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